Suite au coup d’Etat militaire perpétré le 18 août, au Mali, les initiateurs se sont prononcés publiquement. Ces derniers ont notamment annoncé la mise en place du Comité National pour le Salut du Peule (CNSP), présidé par Assimi Goita.

La communauté internationale dénonce le putsch et exige la libération du président Ibrahim Boubacar Keïta et le retour à l’ordre constitutionnel.

La situation au Mali après huit années de crise

Depuis 2012, le Mali est pris dans une guerre engageant les militaires. Plusieurs facteurs alimentent les conflits. Les attaques terroristes connaissent notamment une recrudescence importante.

Les divergences interethniques aggravent la situation. La guerre du Mali occasionne d’importantes crises socio-économiques, sans compter les cas de corruption au sein des autorités armées.

Les réactions du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) suite à l’attaque d’Indelimane – survenue le 1er novembre 2019 – a fait naître des tensions entre le gouvernement en place et les forces armées.

Des mutineries ont fait suite au limogeage du chef de la sécurité présidentielle à la date du 17 août. Le matin du 18 août, les militaires ont arrêté et renversé le président IBK. Le président a annoncé sa démission ainsi que la dissolution du gouvernement et du Parlement dans la soirée.

Les meneurs de la junte prennent la parole

Le 19 août au matin, le chef d’état major, adjoint de l’armée des forces armées maliennes, Ismaël Wagé, annonce la création du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP). Le militaire d’expliquer que l’institution se donne pour mission de mettre en place « une transition politico-civile » et d’organiser les élections législatives et présidentielles « dans un délai raisonnable ».

Dans l’après midi, le même jour, le colonel Assimi Goita s’est présenté publiquement en tant que Président du CNSP, lors d’une conférence de presse.

L’officier malien s’est exprimé, en disant : «Le Mali se trouve dans une situation de crise socio-politique, sécuritaire. Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Nous, en faisant cette intervention hier, nous avons mis le pays au-dessus, le Mali d’abord».

Un coup d’Etat fermement condamné par la communauté internationale

La communauté internationale condamne fermement le coup d’Etat perpétré par les militaires maliens. Au lendemain de l’arrestation du président de la République, l’Union Européenne, L’Union Africaine et les Etats-Unis ont demandé la libération immédiate de Ibrahim Boubacar Keïta et des autres membres du gouvernement détenus au camp militaire de Kati.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui mène la médiation dans la crise au Mali, a émis un communiqué le jour du putsch. L’organisation intergouvernementale « condamne avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du gouvernement démocratiquement élu du président Ibrahim Boubacar Keïta » et rejette catégoriquement le putsch. Elle réclame « le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel ».

La Cédéao a, par ailleurs, appliqué des sanctions strictes à l’encontre du Mali dont la suspension ainsi que « la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que de l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la Cedeao et le Mali ».

Pour rappel, une concertation entre les 15 Chefs des Etats membres de la Cédéao portant sur le contexte au Mali était prévu pour le 20 août. Le 22 août, l’organisation a envoyé « une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel » dans le pays.

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