Bénin/Affaire Ignace Sessou : le journaliste prend 12 mois de prison, dont 6 mois ferme

La déception, c’est le maître mot de  l’état d’esprit de presque   tous les participants de l’audience du jugement du journaliste d’investigation, Ignace Sessou, ce mardi 15 mai 2020, à la cour d’appel de Cotonou après un verdict implacable. Le journaliste d’investigation Ignace Sessou est condamné à 12 mois de prison, dont six mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA. Il devra recouvrer sa liberté le 24 juin 2020.

L’avocat du  journaliste Me Brice Houssou, ainsi que ses collègues, venus nombreux le soutenir, tout comme les autres  avocats venus plaider pour le journaliste, se sont  tous dits déçus.

Quant au rédacteur en chef adjoint de Bénin Web TV, il a exprimé son regret devant cette sentence injuste. Pour  Me Brice Houssou, son client  n’a commis aucune faute déontologique et aucune infraction à loi pénale ». Il a donc émis le veux d’un pourvoi en cassation. Quant à l’avocat du procureur plaignant, Me Olga Anasside, « la cour a été plus clémente ». Selon une source à Cotonou l’audience a été extrêmement courte et la cour a infirmé la condamnation de 18 mois de prison ferme prononcée le 24 décembre 2019 pour cyber-harcèlement.

 

Ce qui est reproché à Ignace Sessou

Le journaliste d’investigation Ignace Sossou a été condamné à 12 mois de prison dont 6 mois ferme.

 

En effet, le 18 décembre 2020, Ignace Sossou, journaliste à Bénin Web TV et collaborateur de plusieurs collectifs comme le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et le Réseau 3i (Initiative, Impact, Investigation), avait posté sur Facebook et Twitter des propos attribués au procureur de la République, Mario Metonou (auteur de la plainte), lors de son intervention à une  conférence organisée à Cotonou par Canal France international (CFI) sur le thème « fake news ».

« La législation béninoise telle qu’elle est n’offre pas une sécurité judiciaire aux justiciables », « La coupure d’Internet le jour du scrutin du 28 avril est un aveu de faiblesse des gouvernants » et « Le Code du numérique, c’est comme une arme qui est braquée sur la tempe de chaque journaliste » sont les messages diffusés par le journaliste sur tweeter et Facebook. Suite à ces messages, le journaliste est interpellé à son domicile par des agents de l’Office central de répression de la cybercriminalité, puis placé en garde à vue.

Le 24 décembre, il est condamné à dix-huit mois de prison ferme et 200 000 francs CFA (305 euros) pour trois tweets et des posts sur Facebook, considérés par la justice béninoise comme du « harcèlement par le biais de moyens de communications électroniques ». Malheureusement le journaliste n’a pas été  soutenu au départ par Cfi. Cette structure française a, au départ désavoué le journaliste dans une note « Nous sommes désolés qu’un journaliste peu scrupuleux ait profité de ce moment privilégié pour tenter de faire un buzz aux dépens de M. le Procureur », écrit le directeur Afrique de Cfi. Pour lui les phrases son « tronquées et sorties de leur contexte et ne reflètent pas la teneur des échanges des débats ».

Mais bien plus tard Cfi va se dédire face au tollé provoqué par la détention du journaliste et présenté ses excuses à Ignace Sossou. Avant de s’indigner d’avoir été instrumentalisée dans cette affaire. L’agence avait ensuite demandé « la libération de M. Sossou dans les plus brefs délais » et s’était séparée des deux collaborateurs auteurs de la lettre au ministre de la justice « à l’origine de cette inexcusable erreur » contre Ignace Sossou.

R-F Rochesossiehi

Journaliste à Abidjan et membre d’ONG, je suis un activiste culturel très engagé dans la promotion du livre et de la lecture auprès de la jeunesse. J’écris sur tous les sujets liés à l’actualité africaine. Mais mon centre d’intérêt principal est l’actualité littéraire et culturelle.

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