Dans un contexte de crise sanitaire qui touche le monde entier, les pays Africains plaident pour une remise de leurs dettes auprès de leurs bourreaux. Le 25 mars dernier, c’était le président sénégalais Macky Sall qui lançait un appel à l’Europe pour une annulation de la dette des pays Africains.

Si cet appel a été favorablement entendu en raison des réponses positives de la suprématie Catholique le pape François et celle du président français Emmanuel Macron, il n’en demeure pas moins qu’elle suscite quelques interrogations.

Interrogations autour d’une remise de la dette controversée


L’ivoirien Tidjane Thiam fait partie des quatre envoyés spéciaux de l’Union africaine contre le coronavirus, aux côtés de Donald Kaberuka, Ngozi Okonjo-Iweala et Trevor Manuel, tous chargés de négocier sur un moratoire de la dette envers ses créanciers privés internationaux.

 

Selon la spécialiste de géopolitique Caroline Galactéros, Emmanuel Macron ne chercherait-il pas à mettre la question de la mutualisation des dettes européennes sur la table en préconisant aussi la dette africaine ? De toute façon, le président français s’est repris lui-même deux jours après ses propos en rappelant qu’il pensait plus à un moratoire qu’à une suppression totale de la dette Africaine.

A l’occasion d’une interview accordée à RFI le mardi 14 Avril 2020, ce dernier le dit clairement en tenant les propos suivants :

 « Le G20 finance doit acter, je touche du bois, en tout cas on y a mis tout notre capital politique, de ce moratoire sur les dettes à l’égard de l’Afrique »« Moratoire qui touche les membres du club de Paris, mais aussi la Chine, la Russie, l’ensemble des économies du Golfe, et les grands bailleurs multilatéraux. C’est une première mondiale. Ça veut dire que le temps de la crise, on laisse les économies africaines respirer et ne pas servir les intérêts de la dette. C’est une étape indispensable, et je pense que c’est une formidable avancée. »

Mais est-ce en définitive la meilleure manière d’aider l’Afrique ?L’annulation de cette dette serait-elle la solution adéquate ?

Si hier encore l’Afrique avait un genou à terre face aux puissances européennes, aujourd’hui elle veut complètement s’affaisser en fléchissant le second genou. Alors que l’on s’attendait à une prise de conscience et une ouverture d’esprit après la pandémie à Covid-19 que connait presque tous les pays du monde actuel, l’Afrique s’enfonce encore dans le gouffre suscitant de nombreuses inquiétudes autour de sa capacité à se détacher un jour de ses « maitres. »

La réaction de Madagascar : une leçon à méditer par les Africains ?

Bien que ne s’agissant pas de la dette, le choix de Madagascar d’utiliser son propre remède dans cette situation de crise où tous les regards des pays africains sont tournés vers les pays développés pour la trouvaille d’un éventuel remède pouvant sauver le monde, devrait être une sonnette d’alarme pour tous les pays africains.

L’Afrique doit-il tout attendre des autres ? Comme nous pouvons le deviner, une remise totale de leur dette aux pays africains  pourrait être un véritable « cadeau empoisonné » venant de la grande métropole. Peut-on imaginer une remise totale de la dette africaine sans contrepartie ?   

Que devrions-nous attendre de cette remise de dette même si pour l’heure il ne s’agit que de moratoire ? Les gouvernants et économistes africains devraient s’en préoccuper un peu plus pour mieux préparer le futur du contient vu les grands enjeux économiques à venir.

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