Présidentielle malienne : tous déjà dans les starting-blocks ?

Les autorités de la Transition malienne ont décidé que la présidentielle se tiendra en mars et avril 2022, soit dans moins d’un an. Si certains partis politiques semblent déjà en ordre de bataille depuis quelques mois, d’autres continuent de se chercher un candidat. Faisons le point. 

La prochaine élection présidentielle au Mali aura lieuen mars et avril 2022. C’est ce qu’ont décidé les autorités de Transition dominées par les militaires, exclus du jeu. Ce scrutin vise donc à rendre le pouvoir aux civils après le coup d’État d’aout 2020. Mais les civils sont-ils prêts pour ce rendez-vous de la démocratie malienne ? Ont-ils les épaules assez larges pour relever ce défi ? En effectuant un scanner rapide du paysage politique malien, l’on peut affirmer que l’homme de la situation ne viendra peut-être pas des partis traditionnels.

Les cadors désorientés 

En effet, les formations historiques du Mali sont largement vomies par la population, qui aspire à un changement de système. Le Rassemblement pour le Mali (RPM), ex parti au pouvoir, est accusé d’être à l’origine de tous les maux actuels du pays : corruption, pauvreté, insécurité, etc. D’où le soulèvement populaire de juin et juillet 2020 qui a emporté le régime d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK). Depuis la chute de ce dernier, le RPM est sans repère. Le parti manque de leaders et n’est apparemment pas prêt d’en trouver rapidement. 

L’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ), autre vieux parti politique, n’est pas épargnée non plus par les critiques. Après avoir dirigé le pays de 1992 à 2002, l’ADEMA-PASJ porte également le poids du délicatement actuel de l’Etat malien. Cette formation politique offre une véritable guerre de tranchée entre les différents clans. Au point que les observateurs avertis craignent son implosion. 

Quant au troisème parti historique du pays, l’Union pour la république et la démocratie (URD), il a dû mal à faire le deuil de Soumaïla Cissé, décédé en décembre 2020. Depuis, il n’a pas encore trouvé un digne successeur. Face au déficit de leaders dans ses rangs, le parti serait même tenté de recruter ailleurs. On parle de plus en plus de l’ancien premier ministre Boubou Cissé comme candidat de l’URD. Un « mercenariat politique » pas du tout du goût des militants et du peuple malien en général.

Aliou Diallo et Moussa Mara en pole position 

Etrangement, si les supposés grands partis sont déboussolés en ce moment, notons que les formations politiques dites de seconde zone respirent plutôt la sérénité. C’est le cas notamment de Yéléma qui a déjà misé sur son président, l’ancien premier ministre Moussa Mara. Celui-ci a investi le terrain depuis plusieurs mois pour vendre son programme politique. Il a avec lui l’expérience des postes clés au sommet de l’Etat et surtout sa jeunesse (46 ans). Un atout majeur alors que la population malienne, très jeune aussi (65% ont moins de 25 ans), réclame une nouvelle génération de dirigeants.

Outre Yéléma, un autre parti fait est déjà dans les starting-blocks depuis des mois. Il s’agit d’ADP-Maliba fondé par Aliou Boubacar Diallo. S’il ne peut pas prétendre être le « Macron malien » au niveau de l’âge (61 ans), ce milliardaire malien peut en revanche se présenter comme une alternative crédible au Mali, grâce à la « fraîcheur » de ses idées. Dans son ambitieux plan « Marshall » pour le Mali potentiellement doté de 15.000 milliards de Francs CFA, il promet notamment la création de nombreuses PME et PMI pour résoudre le problème du chômage au Mali. Il prône également une lutte impitoyable contre la corruption, la gabegie et la prédation sur les ressources naturelles.

Selon un récent sondage du cabinet Statix, le milliardaire malien est le favori de la prochaine élection présidentielle. Il obtiendrait 27% des intentions de vote au premier tour, devant Moussa Mara (17%). Un premier sondage en novembre 2020 le plaçait déjà deuxième avec 25,5% juste derrière Soumaïla Cissé (26%) et devant Moussa Mara (14%). Reste maintenant à voir si le cabinet Statix dit vrai. Pour cela, il faudra attendre dans un an.

Moussa D.

Ecole de journalisme à Tunis, je traite de beaucoup de sujets liés à l'actualité de mon continent de coeur : Economie, Marché, Politique et Santé ... je m'intéresse à tout et à tout le monde.

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