Pourquoi le Maroc attire les investisseurs
L’économie marocaine a crû de 4,9 % en 2025, sa meilleure performance en dix ans, tirée par l’investissement public lié à la préparation du Mondial 2030 et par le rebond de l’agriculture. Le pays combine stabilité politique, position géographique au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, et une diaspora qui a transféré plus de 122 milliards de dirhams en 2025, soit environ 11 milliards d’euros. Pour un investisseur francophone résidant en France, le Maroc offre un cadre réglementaire ouvert et un régime de convertibilité garanti pour les capitaux investis en devises.
Chiffres clés 2026
| Indicateur | Valeur | Période |
|---|---|---|
| PIB nominal | ≈ 184 milliards $ (2025) ; ≈ 194 milliards $ projeté | 2025-2026 |
| Croissance du PIB réel | 4,9 % en 2025 ; 4,2 à 4,4 % prévu | 2025-2026 |
| Flux d’IDE entrants | 3,33 milliards $ (+91 % sur un an) | 2025 |
| Population | ≈ 37 millions (recensement 2024) | 2024 |
| Monnaie | Dirham marocain (MAD) | — |
| Indice boursier MASI | ≈ 18 000 points | Sept. 2026 |
Le PIB nominal marocain a atteint 1 720,2 milliards de dirhams en 2025, soit environ 184 milliards de dollars, en hausse de 6,5 % en valeur. Le FMI projette environ 194 milliards de dollars pour 2026. Le recensement officiel de septembre 2024 dénombrait 36,83 millions d’habitants ; la Banque mondiale, sur des estimations antérieures au recensement, retient environ 38,4 millions pour 2025. Selon la CNUCED, les flux d’investissements directs étrangers ont bondi de 91 % en 2025 pour atteindre 3,33 milliards de dollars, portant le stock total d’IDE à 80,8 milliards. Les chiffres de l’Office des changes, qui mesurent les flux nets en dirhams, confirment la dynamique : 29,47 milliards de dirhams à fin juillet 2026, en hausse de 58,5 % sur un an. Le chômage s’établissait à 13,0 % en 2025, en repli attendu vers 12,3 % en 2026 selon le FMI. L’inflation est restée contenue autour de 1,3 %, avec un déficit budgétaire de 3,5 % du PIB et une dette publique de 67,1 % en baisse. L’indice MASI évolue autour de 18 000 points en septembre 2026, après une hausse d’environ 12 % en 2025.
Les secteurs porteurs
Automobile
Le Maroc est le premier producteur automobile d’Afrique. En 2025, il a produit 501 965 véhicules et en a exporté 454 443, soit 90,5 % de la production. Le royaume assure à lui seul 52,3 % des exportations africaines de véhicules. Le constructeur Stellantis a engagé un projet de 1,5 milliard de dollars dans la fabrication de véhicules pour équipementiers (OEM). À fin juillet 2026, les exportations automobiles progressaient encore de 14,9 %, soit 13,86 milliards de dirhams supplémentaires en un an. L’objectif officiel est d’atteindre à terme près de 19 milliards d’euros d’exportations et une capacité de 2 millions de véhicules par an.
Énergies renouvelables
La capacité renouvelable installée a atteint 4 851 MW fin 2025, contre 2 417 MW en 2016, selon l’IRENA. L’éolien domine avec 2 452 MW, soit 52,5 % du parc, devant l’hydroélectricité (1 306 MW) et le solaire (1 086 MW, dont 540 MW de solaire thermodynamique). En 2024, 24,5 % de la production d’électricité provenait de sources renouvelables. L’objectif national est de porter cette part à 52 % d’ici 2030 ; une convention signée en novembre 2025 prévoit 5 GW d’électricité verte dédiés à l’industrie marocaine.
Tourisme
Le Maroc a accueilli 19,8 millions de visiteurs en 2025, un record historique, en hausse de 14 % par rapport à 2024 (17,4 millions). Les établissements d’hébergement classés ont enregistré 43,4 millions de nuitées, en progression de 9 %. La Coupe d’Afrique des nations 2025 et le Mondial 2030 accélèrent la construction d’hôtels et d’infrastructures, un relais de croissance durable pour l’investissement.
Aéronautique
Le secteur rassemble 155 entreprises et 27 000 emplois, pour environ 3 milliards de dollars d’exportations. Le Maroc est le premier exportateur aéronautique d’Afrique. Les exportations ont atteint 26,45 milliards de dirhams en 2024, en hausse de 14,9 %. Embraer a annoncé un investissement d’un milliard de dollars et 1 000 emplois à l’horizon 2035, tandis que Safran construit un centre de maintenance de 1,3 milliard de dirhams. À fin octobre 2025, la filière progressait encore de 8,3 % à 23,65 milliards de dirhams.
L’agriculture et l’agroalimentaire complètent le tableau : leurs exportations ont progressé de 7 % à fin juillet 2026, soit 3,86 milliards de dirhams de plus en un an. Le secteur, exposé aux sécheresses, demeure un pilier de l’emploi et de la sécurité alimentaire du royaume.
Comment investir depuis la France
La Bourse de Casablanca. Aucun courtier européen — ni Degiro, ni Trade Republic, ni Interactive Brokers, ni Boursorama — ne donne accès à la place de Casablanca. Il faut ouvrir un compte titres auprès d’un intermédiaire agréé par l’AMMC, l’autorité marocaine des marchés de capitaux, et un compte en dirhams convertibles alimenté en devises. Les intermédiaires accessibles depuis l’étranger incluent Attijariwafa Bank (Wafa Bourse), CFG Bank, BMCE Capital Bourse, BMCI et CDG Capital Bourse. La Bourse de Casablanca ne distingue pas les non-résidents par nationalité : le critère d’accès est le financement de l’investissement en devises. Le MASI regroupe 76 valeurs pour une capitalisation d’environ 750 milliards de dirhams. Les plus-values sur actions cotées détenues plus de 12 mois sont exonérées d’impôt sur le revenu ; les dividendes subissent une retenue à la source de 15 %, souvent réduite à 10 % en vertu de la convention fiscale franco-marocaine.
OPCVM et ETF. Plus de 250 OPCVM marocains totalisent environ 600 milliards de dirhams d’encours, accessibles dès 1 000 à 5 000 dirhams. Les familles vont des fonds monétaires (rendement d’environ 2,5 à 3 %) aux fonds actions, plus volatils. Les Marocains résidant à l’étranger représentent une part majeure de l’investissement étranger en OPCVM. Les ETF cotés à Casablanca restent peu nombreux. Il n’existe pas d’ETF « Maroc » pur sur les bourses européennes : l’exposition passe au mieux par des ETF « marchés frontières », où la pondération du Maroc est marginale.
Immobilier. Un étranger non résident peut acheter librement au Maroc. Le compte en dirhams convertibles permet de récupérer en devises le capital, les loyers et les plus-values. Comptez 6 % à 8 % de frais d’acquisition, entre notaire, droits d’enregistrement et conservation foncière. Les rendements locatifs bruts s’établissent autour de 4,5 % à 6,5 % en longue durée à Casablanca et peuvent dépasser 8 % en location touristique à Marrakech. Le prix moyen d’un appartement tourne autour de 13 000 à 17 000 dirhams/m² à Casablanca selon les quartiers, contre 1 000 à 1 800 euros/m² à Rabat dans les secteurs recherchés.
Création d’entreprise. La Charte de l’investissement (loi-cadre n° 03-22) autorise la participation étrangère sans plafond dans la quasi-totalité des secteurs et prévoit des primes à l’emploi ainsi qu’un soutien aux projets stratégiques. Les investissements financés en devises bénéficient d’un régime de convertibilité garantissant le libre transfert des bénéfices nets d’impôts et le rapatriement des capitaux (article 29). L’objectif national est de 550 milliards de dirhams d’investissement privé sur la période 2022-2026.
Fiscalité côté France. Un résident fiscal français déclare ses revenus et plus-values marocains dans les deux pays. La convention franco-marocaine de 1970 évite la double imposition : les dividendes de source marocaine sont imposés à la source au Maroc, avec un crédit d’impôt imputable sur l’impôt français. Les plus-values sur actions cotées détenues plus de 12 mois, exonérées au Maroc, restent soumises en France au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Un conseil fiscal s’impose avant tout montage transfrontalier.
Les risques à connaître
- Risque de change. Le dirham est rattaché à un panier euro/dollar à dominante euro. Une évolution défavorable face à l’euro réduit, une fois convertie, la valeur d’un actif libellé en dirhams.
- Liquidité boursière. La place de Casablanca est étroite : environ 150 millions de dirhams échangés par jour, concentrés sur une dizaine de valeurs. Sortir d’une petite capitalisation peut prendre du temps.
- Concentration et volatilité. Banques et télécoms représentent environ la moitié de la capitalisation. La performance de l’indice dépend de quelques grands dossiers, et le MASI peut corriger de 15 % à 25 % sur douze mois lors des cycles baissiers.
- Conjoncture et aléas climatiques. Le FMI cite la volatilité des prix des matières premières et la faiblesse de la demande de la zone euro parmi les principaux risques, ainsi qu’un creusement modéré du déficit courant lié aux importations d’infrastructures. L’économie reste exposée aux sécheresses, dont dépend la production agricole, et le chômage, à 13 %, pèse sur la demande intérieure.
Questions fréquentes
Peut-on investir à la Bourse de Casablanca depuis la France ?
Oui, mais pas via un courtier européen. Il faut un compte titres chez un intermédiaire marocain agréé par l’AMMC et un compte en dirhams convertibles, qui permet de rapatrier capital et gains en devises sans plafond.
Faut-il être marocain pour acheter de l’immobilier au Maroc ?
Non. Les étrangers non résidents peuvent acheter librement. Les fonds doivent transiter par un compte en dirhams convertibles pour garantir le rapatriement du produit de la revente en devises.
Les capitaux investis au Maroc sont-ils rapatriables ?
Oui. Les investissements financés en devises bénéficient d’un régime de convertibilité prévu par la Charte de l’investissement (article 29), qui garantit le libre transfert des bénéfices nets d’impôts et le rapatriement des capitaux.
Pour aller plus loin : découvrez notre guide complet pour investir en Afrique (6 pays comparés).

Ecole de journalisme à Tunis, je traite de beaucoup de sujets liés à l’actualité de mon continent de coeur : Economie, Marché, Politique et Santé … je m’intéresse à tout et à tout le monde.


















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