Ces dernières décennies, l’Afrique a enregistré des progrès importants en matière de santé. La mortalité infantile a reculé, l’espérance de vie s’est améliorée et l’accès à certains traitements s’est développé. Ces avancées restent toutefois fragiles et très inégales selon les territoires. Le Burundi, le Sénégal, le Soudan du Sud, l’Éthiopie et l’Afrique du Sud illustrent la diversité des difficultés auxquelles les systèmes de santé africains doivent aujourd’hui répondre.
Manque de personnel qualifié, éloignement des structures médicales, coût des soins, conflits, dérèglement climatique ou progression des maladies chroniques : les enjeux dépassent largement la seule construction d’hôpitaux. Pour améliorer durablement la santé des populations, il faut aussi renforcer les soins de proximité, former les professionnels et associer les communautés aux décisions qui les concernent.
Des besoins différents, mais des fragilités communes
Parler de « la santé en Afrique » peut donner l’impression d’une situation uniforme. Or, les réalités du continent sont multiples. Certains pays disposent de centres hospitaliers performants et de professionnels hautement qualifiés, tandis que des zones rurales restent privées de services sanitaires élémentaires. Des écarts considérables peuvent également exister à l’intérieur d’un même pays, notamment entre les grandes villes et les territoires isolés.
Les systèmes de santé doivent par ailleurs affronter une double charge. Aux maladies infectieuses comme le paludisme, la tuberculose, le VIH ou les infections respiratoires s’ajoutent désormais les pathologies non transmissibles : diabète, cancers, hypertension et maladies cardiovasculaires. Cette évolution impose de développer simultanément la prévention, le dépistage, les soins maternels et infantiles et le suivi de longue durée.
Au Burundi, rapprocher les soins des populations rurales
Au Burundi, une grande partie de la population vit en milieu rural. Pour certaines familles, accéder à un centre de santé implique un déplacement long, coûteux et parfois difficile. Ce problème est particulièrement préoccupant pour les femmes enceintes, les nouveau-nés et les jeunes enfants, pour lesquels un retard de prise en charge peut avoir de lourdes conséquences.
Le renforcement des soins de santé primaires représente donc une priorité. Il suppose de disposer de personnels suffisamment nombreux et correctement formés, mais aussi de médicaments, d’équipements et de moyens de sensibilisation. Les agents de santé communautaires peuvent jouer un rôle décisif en informant les familles, en détectant les situations à risque et en orientant rapidement les patients vers une structure adaptée.
Au Sénégal, réduire les inégalités territoriales
Le Sénégal a réalisé des progrès notables dans plusieurs domaines de santé publique. Pourtant, l’accès aux soins demeure inégal entre Dakar, les autres centres urbains et certaines zones rurales ou périphériques. La distance, le manque de spécialistes et les dépenses restant à la charge des patients peuvent encore retarder le recours aux soins.

La santé maternelle et infantile, la nutrition, la vaccination et la santé sexuelle et reproductive restent des sujets essentiels. Le pays doit également anticiper la progression des maladies chroniques, qui nécessite des actions régulières de prévention et de dépistage. Dans ce contexte, la formation continue des soignants et l’organisation de services de proximité permettent d’agir avant que les complications n’imposent une hospitalisation.
Au Soudan du Sud, soigner dans un contexte d’urgence prolongée
Le Soudan du Sud fait face à une situation particulièrement difficile. Les conflits, les déplacements de population, les inondations et l’insécurité alimentaire ont fortement fragilisé son système de santé. De nombreuses communautés dépendent encore de structures précaires et de l’aide humanitaire pour recevoir des soins essentiels.
Les femmes et les enfants sont parmi les premières victimes de cette instabilité. Selon une fiche régionale de l’Organisation mondiale de la santé, le Soudan du Sud figurait en 2020 parmi les pays présentant les niveaux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. Dans un tel contexte, former des sages-femmes, maintenir des services de santé reproductive et organiser des soins mobiles peut littéralement sauver des vies.
En Éthiopie, répondre à l’échelle d’un territoire immense
Avec une population nombreuse et un territoire très étendu, l’Éthiopie doit relever un défi d’échelle. Les progrès accomplis grâce au développement des soins communautaires sont réels, mais certaines régions restent difficiles à desservir. Les sécheresses, les crises alimentaires, les déplacements forcés et les tensions locales accentuent les risques sanitaires.
La malnutrition, la santé maternelle, l’accès à l’eau potable et la prévention des épidémies restent étroitement liés. Lorsqu’une famille manque d’eau, de nourriture ou de revenus, sa capacité à consulter et à suivre un traitement diminue. L’action sanitaire doit donc s’intégrer dans une approche plus large, tenant compte des conditions de vie et de la résilience des communautés.
En Afrique du Sud, de fortes capacités mais des inégalités persistantes
L’Afrique du Sud dispose d’infrastructures médicales avancées et de compétences reconnues. Elle demeure néanmoins marquée par de profondes inégalités sociales et territoriales. La qualité et la disponibilité des soins varient fortement entre secteurs public et privé, quartiers favorisés, townships et zones rurales.
Le pays doit continuer de lutter contre le VIH et la tuberculose tout en faisant face à la progression du diabète, de l’obésité, de l’hypertension et des maladies cardiovasculaires. Cette coexistence de maladies infectieuses et chroniques exerce une pression importante sur les établissements et les professionnels de santé. Elle montre que la prévention, l’éducation sanitaire et le suivi de proximité sont aussi importants que les traitements hospitaliers.
Amref, une organisation africaine au service de solutions durables
Présente depuis plus de soixante ans, Amref Health Africa est une organisation internationale de santé publique née en Afrique. Sa mission repose sur une conviction simple : les solutions les plus efficaces sont celles qui sont construites avec les populations et adaptées aux réalités locales.
L’organisation intervient notamment dans la formation des personnels de santé, la santé des femmes et des enfants, la prévention des maladies, l’accès à l’eau et à l’hygiène ainsi que le renforcement des systèmes sanitaires. Elle s’appuie sur les soignants, les sages-femmes, les agents communautaires, les associations et les autorités locales afin de produire des améliorations durables.
Former un professionnel ne bénéficie pas seulement à un patient. Au cours de sa carrière, ce professionnel pourra accompagner des centaines, voire des milliers de personnes, partager ses connaissances et améliorer la qualité des soins dans toute sa communauté. Le soutien apporté à Amref agit ainsi comme un investissement de long terme. Chacun peut contribuer à cette mobilisation et faire un don à Amref pour soutenir ses programmes.
Faire de la santé un moteur de développement
Améliorer la santé ne consiste pas uniquement à combattre la maladie. Une population en meilleure santé peut davantage étudier, travailler, entreprendre et participer au développement de son territoire. À l’inverse, la maladie fragilise les familles, réduit leurs revenus et accentue les inégalités.
Du Burundi à l’Afrique du Sud, en passant par le Sénégal, le Soudan du Sud et l’Éthiopie, les priorités diffèrent, mais une même nécessité s’impose : rendre les systèmes de santé plus accessibles, plus solides et plus proches des communautés. En soutenant la formation et les acteurs locaux, Amref contribue à transformer chaque avancée sanitaire en progrès durable pour les générations futures.

Ecole de journalisme à Tunis, je traite de beaucoup de sujets liés à l’actualité de mon continent de coeur : Economie, Marché, Politique et Santé … je m’intéresse à tout et à tout le monde.














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