Crise du Covid-19 : la double stratégie du groupe OCP pour la sécurité alimentaire

Dans le contexte sanitaire lié au Covid-19, Le groupe phosphatier marocain OCP a déployé plusieurs dispositifs – digitaux et de terrain – pour aider les agriculteurs à surmonter la crise. Avec, en ligne de mire, la préservation de la sécurité alimentaire des populations locales.

Gérer la crise du Covid-19, c’est aussi penser à l’après-crise. Surtout pour le secteur agricole qui ne peut pas se permettre le luxe du chômage partiel pour ne pas mettre en péril les récoltes des mois à venir. Au Maroc, acteurs privés et institutionnels se sont serrés les coudes pour sanctuariser l’agriculture qui représente 14% du PIB et fait vivre 40% de la population active.

Le groupe OCP, acteur majeur du secteur et leader mondial de la production de phosphate, a mis les bouchées doubles pour atténuer les effets de la crise. Ses deux leviers principaux : un accompagnement de terrain et la digitalisation de ses outils.

L’assistance directe aux agriculteurs

Au cœur de la stratégie du programme Act4Community, le dispositif Al Moutmir mis en place par le groupe OCP en 2018 a pleinement joué son rôle ces dernières semaines, en faveur de 76 communes du royaume. Afin de pérenniser la sécurité alimentaire du pays et de créer de la richesse, le programme Al Moutmir a misé sur la coopération entre tous les acteurs de la chaîne de production et sur la mise en place de mesures susceptibles d’enrayer la propagation du virus dans les campagnes.

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« Nous nous sommes mobilisés pour appuyer notre communauté afin de contenir au mieux la propagation de la pandémie ainsi que ses conséquences économiques », assure le groupe industriel marocain. Objectif premier : ne pas rompre la continuité de la production agricole afin d’éviter une catastrophe alimentaire à moyen terme.

Les ingénieurs agronomes du programme ont donc sillonné les routes du Maroc à la rencontre des exploitants, pour répondre au mieux à leurs problématiques. Tous les moyens ont été bons pour toucher le maximum d’entre eux. « Nos ingénieurs se sont joints aux actions menées par les associations et les autorités locales dans les douars, au moyen de voitures équipées de mégaphones sonores, poursuit l’OCP.

Ils ont partagé en direct de vidéos-conseils par WhatsApp avec les agriculteurs et à travers les plateformes d’Al Moutmir sur les réseaux sociaux. Les agriculteurs sont nos clients, nos partenaires, et notre famille proche. Au-delà de nos actions, nous avons un contrat de confiance avec cette communauté afin de lui assurer les meilleures conditions de rentabilité. »

La transmission de l’information a ainsi été au cœur de la stratégie de l’entreprise marocaine, avec le renforcement de formations en ligne, dispensées par des ingénieurs agronomes, largement relayées sur les réseaux sociaux, et applicables directement sur le terrain.

Partage du savoir-faire : l’exemple des semis directs

Le programme Al Moutmir s’est par exemple décliné à travers la vulgarisation de techniques agricoles modernes et faciles à mettre en place. A commencer par celle des semis directs qui offre, pour les agriculteurs, des économies substantielles sur le travail des sols et une hausse des rendements. Dans un pays aux aléas climatiques imprévisibles comme le Maroc, l’agriculture durable est donc au centre de toutes stratégies.

En partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), les équipes de l’OCP ont donc accompagné 2000 exploitants répartis dans dix-huit provinces, pour l’adoption de la technique des semis directs. Selon Lhoucine Zrouri, expert à l’INRA de Settat, « la technique des semis directs se définit par une absence totale de travail du sol (ni retournement, ni décompactage, ni préparation de lit de semence).

Les caractéristiques physiques du sol favorables au développement des cultures sont obtenues uniquement par l’action du climat et de l’activité biologique du sol (racines, animaux, micro-organismes) ». Dans les zones les plus arides, ces semis directs assurent la rétention de l’humidité ambiante et permettent d’adapter l’agriculture aux changements climatiques. Une technique qui remporte l’adhésion des paysans et des coopératives.

Dans la région de Khouribga où le groupe OCP est bien implanté, les dernières récoltes ont ainsi dépassé les espérances. « Cette année, les précipitations au cours des mois de janvier et de février ont été très faibles par rapport à la normale, explique Hicham Daoui, président de l’association El Baraka. Mais nos cultures ont pu supporter ce manque d’eau et poursuivre leur évolution.

Les récoltes réalisées atteignent des niveaux exceptionnels, avec une moyenne de 30 quintaux par hectare alors que pour la voie conventionnelle, elles ne dépassent pas les 16 quintaux par hectare. » Même constat dans la région agricole de Doukkala et celle côtière d’Oulad Amrane. Selon Abdelalim Gumir, président de l’association Al-Khair, « les équipes d’Al Moutmir ont expliqué les bienfaits des semis directs.

Elles ont fourni toutes les explications nécessaires et nous ont accompagné dans la vulgarisation de ce processus. Au départ, nous étions réticents vis-à-vis son utilisation, mais l’évolution favorable des plantes a dissipé toutes nos craintes. Au final, l’état végétatif est assez satisfaisant si l’on prend en considération la situation hydrologique, l’une des plus faibles de ces vingt dernières années ».

Multiplication des outils digitaux

Pour aider ces agriculteurs, le groupe OCP a également généralisé l’utilisation d’outils digitaux, spécialement conçus selon les besoins du terrain. C’est le cas par exemple de deux programmes, Agritrial et @tmar. « Le digital est une solution idoine pour capitaliser sur les remontées de ces plateformes et faciliter leur partage avec l’écosystème, explique l’OCP. Mise en place par l’équipe Al Moutmir, l’application digitale Agritrial a été particulièrement utile en ces temps de crise sanitaire.

Elle permet aujourd’hui la remontée en temps réel d’informations sur l’évolution des plateformes (stades phrénologiques, couleurs, stress, taille, photos & vidéos des plantes…). Ce gisement d’informations est mis à la disposition de l’écosystème scientifique, académique et économique. »

Agritrial permet une meilleure compréhension de l’utilisation agronomique des sols et des parcelles cultivées. Une manière concrète de faire fructifier le lien entre les agronomes du groupe OCP et les exploitants sur le terrain pour maximiser les ressources.

L’application mobile gratuite @tmar offre quant à elle des conseils agricoles basés sur des constats scientifiques de l’étude des sols. « Cette application facilite la prise de décision relative à l’activité agricole notamment sur les volets technique, agronomique et économique, poursuit l’OCP.

Elle propose plusieurs services opérationnels permettant un suivi de la parcelle, un simulateur de rentabilité et un service météo. Elle conseille et fournit aux utilisateurs des informations utiles sur le marché. »

Ces deux programmes complémentaires s’appuient sur l’intelligence artificielle et l’imagerie satellite, et proposent en temps réel des recommandations adaptées à chaque terroir et à chaque type de culture, grâce par exemple au programme Smart Blender et ses quelque 300 formules d’engrais NPK conçus en fonction des régions. Du conseil de terrain aux applications digitales, l’objectif reste donc le même : accompagner les agriculteurs tout au long de la chaîne de production et assurer donc la sécurité alimentaire du pays.

Moussa D.

Ecole de journalisme à Tunis, je traite de beaucoup de sujets liés à l'actualité de mon continent de coeur : Economie, Marché, Politique et Santé ... je m'intéresse à tout et à tout le monde.

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