Dirigé par Mme Kouamé Akissi N’Da, ‘’Etranou’’ est la seule coopérative de transformation de manioc à Bendressou dans la commune de Toumoudi. Nous avions décidé de parcourir 200km pour aller à la rencontre de la plus grande coopérative dans la région de Bélier.

« Celui qui cultive le manioc n’aura jamais faim »

‘’Etranou’’ en langue Baoulé signifie saisissons le très bien pour qu’il nous échappe pas. En tout cas, les trentaines de femmes que nous avons rencontrées sont solidaires autour de leur coopérative. Le lendemain de notre arrivée dans le village de Bendressou, le samedi 11 Janvier 2020, Mme Da et les membres de sa coopérative se sont mis à un exercice de transformation de manioc. Et ceci comporte plusieurs phases. De la phase de l’épluchage, c’est une quinzaine de femmes qui épluchaient le manioc sous un manguier. Après cette phase, les maniocs épluchés sont passés dans une broyeuse pilotée par Bossou Yao Germain, un écolier de 13 ans. « Cela fait moins d’un an que je fais ce travail de broyeuse. Je travail une fois la semaine c’est-à-dire le samedi seulement. On ne m’oblige pas de le faire. Je donne un coup de main à ma grande mère parce que la  broyeuse l’appartienne.

Et, c’est elle qui assure ma scolarité et d’autre besoin. Sinon, c’est mon grand-frère, Kouamé Ahouli Donald qui fait le travail. », a indiqué cet élève de CM2 de l’EPP Toumodi Bendressou. Après la broyeuse de Bossou Yao Germain, le manioc passe à la presse pour soutirer de l’eau. Ensuite, le manioc est tamisé par les femmes pour obtenir des grains de maniocs, ces grains dit-on est passé aussitôt à la cuisson. Mais, cette dernière phase est beaucoup plus technique. Une marmite remplie d’eau, fermé par une cuvette remplie aussi à son tour par des grains de manioc, fermé hermétiquement. Une fois, la marmite d’eau bouillie, la vapeur de 190 degré  remonte vers la cuvette qui se chauffe et les graines de maniocs se transforment aussitôt en Attièké.

Tout ceci se fait de manière artisanal. La coopérative Etranou ne dispose aucun matériel agricole si n’est que des dabas et des machettes. Selon Mme Bomisso Mathilde Félicité, secrétaire de la coopérative Etranou, soutient que les femmes de coopérative vivent en parfaite harmonie. « Chacune des femmes possède leur champ de manioc. La majorité des femmes possèdent moins 2ha sauf les moins valide c’est-à-dire, les plus âgés parmi nous qui n’arrivent  qu’à cultiver  moins 1ha de manioc. Moi-même, je possède 2ha. Nous avons deux hommes parmi nous. Mais, il faut retenir que nous arrivons à nous acquitter de nos devoirs travaux champêtre. Nous transformons le manioc en Attiéké, en Amidon, en Garri et en placali. », a-t-elle souligné.

Comme vous l’aurez compris il s’agit de femmes fortes et indépendantes comme présenté sur busy-women.fr.

Visite des sites

La présidente de la coopérative Etranou, Mme N’Da nous a fait découvrir ces différents sites. Elle possède trois sites. Deux sites de manioc de 33ha et un site maraicher de piment, tomate, d’aubergine et de gombo. C’est Kouamé Ahouli Donald qui dirige le site maraicher. « Il ya pas de gain proprement dit dans le maraicher. La culture de maraicher dépend de la disponibilité de la personne. En toute chose, il faut un suivi.  Les maraichers sont capricieux comme l’élevage des volailles. Surtout, les tomates, les gombos et les aubergines. Dans cette culture, il ya des attaques des insectes, des maladies des plantes. Mais, si vous suivez les consignes de la CNRA, vous allez réussir dans cette culture parce que la terre ne trahit jamais la personne qui la mette en valeur. Et moi, cela me fait sept ans de culture maraichère et je ne me plains pas. », a dit cet ancien élève de terminal du Lycée Moderne de Daoukro.

Mais, Mme N’Da a aussi des champs de manioc. « Je voudras que vous sachiez que c’est depuis 2006  que j’ai commencé à cultiver le manioc. J’ai  aimé la culture de manioc parce que celui qui cultive le manioc n’aura jamais faim. Parce que la transformation s’étend sur plusieurs alimentations tels que l’attiéké, le placali, le garri, le ‘’cocodet, le tapioka, l’attoukou. Cela dépend des habitants de chaque région. Il ya des variétés qui peuvent durer 2 ans dans le sol sans se gâté. Et, je pense que nos autorités doivent encourager cette culture. En 2006, j’ai débuté par un hectare et aujourd’hui, je suis à 33ha. Dans le maraicher, nous avons des variétés de tomate de 90 jours et des gombo de 45 jours, piment 90 jours. », a-t-elle dit. Mais Mme N’Da a aussi un champ de manguier. Ce champ de manguier est une façon pour elle de faire le reboisement plus que l’Etat demande aux planteurs de reboiser.

Au lieu de planter les arbres, elle a préféré les manguiers. Et, Mme N’Da attende des bénéfices de ce champ. « Comme les membres de la coopérative, j’ai 33ha de manioc pour donner le bon exemple, en tant que présidente de la coopérative. Et, j’ai dix variétés de cette culture qui sont entre autre le bocou 1, 2, 6, 8. Aussi, j’ai le yavo, olékanka, le yacé, etoua, broni, anpongue, sika, m’bratti. J’ai cultivé également 1ha d’igname pour la consommation familiale. », a-t-elle ajouté. Aussi, la présidente d’Etranou a précisé que la création de la coopérative n’avait qu’une seule objective c’est-à-dire aider les femmes de Bendressou à transformer leurs maniocs. « Avant, les femmes n’arrivaient pas à vendre leurs productions. C’est ainsi que j’ai décidé de regrouper les femmes au sein d’une coopérative pour pouvoir transformer ces produits et de les vendre. Et, toutes les femmes de Bendressou ont obéi à cette idée.

Un secteur agricole qui a besoin de soutien

Actuellement, nous avons besoin de beaucoup d’aide. Et, je sais que les bailleurs de fonds ne nous ont jamais abandonné et j’attends de leur aide pour développer ma coopérative.  Nous avons besoin de matériel agricole et de la transformation, des matériels de ramassage de nos produits agricoles, la construction d’un magasin de transformation de nos produits. », a-t-elle souhaité. L’époux de Mme N’Da, Nana Kouamé Kouakou Raphaël a soutenu son épouse dans la création de la coopérative Etranou de Bendressou. « Dès ma retraite, j’ai fait un champ d’igname mais la vente était très difficile. Donc, les ignames pourrissaient dans le magasin.

C’est ainsi que j’ai cessé de cultiver de l’igname et j’ai embrassé la culture des fruitiers tel que les mangues. Mais, ces mangues commercent à donner à l’heure ou je n’ai plus de force. Je suis un agent du ministère de l’agriculture. J’ai mis mon expérience au profit du développement de l’activité de ma femme. Etant propriétaire terrien, donc l’acquisition des terres n’a pas été un problème. J’ai fait appelle à l’ANADER pour former les habitants de ce village à travailler dans la coopérative mais chacun préfère travailler dans son propre compte et c’est dommage. », a déploré le chef du village  de Bendressou. Selon lui, seul le travail peut permettre à l’homme de vivre paisiblement.

 

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