Afrique du Sud : comment le Covid-19 impose une nouvelle organisation des funérailles

Face au ravage du Coronavirus dans le monde entier, chaque pays prend des mesures pour  contrer la pandémie.  En Afrique du Sud, les autorités ont constaté que la propension exponentielle que prend la mortalité après chaque enterrement mérite d’adopter d’autre disposition.

En effet, selon les autorités après chaque enterrement, il y a 40 personnes qui sont infectées par le coronavirus.

Les mesures du Roi d’AmaMpondomise Zwelozuko Matiwane

 Dans le but de trouver une alternative plus sûre pour enterrer les proches, le roi d’AmaMpondomise Zwelozuko Matiwane a interdit tous les services funéraires dans son royaume, afin de réintroduire l’ancienne pratique de l’ukuqhusheka, ou enterrement secret.

Son porte-parole, Nkosi Bakhanyisele Ranuga, explique que la décision a été prise après consultation des chefs traditionnels locaux. “Nous essayons de protéger notre peuple dans cette pandémie. Lorsque l’on suit cette coutume [de ukuqhusheka], cela signifie que les gens sont appelés à enterrer soit le même jour, soit le lendemain, et uniquement avec ceux qui étaient présents au moment du décès

Un rituel de purification pour compenser

Le royaume AmaMpondomise s’étend sur quatre villes, Qumbu, Tsolo, Ugie et Maclear, et les villages environnants. Selon les autorités sud-africaines, la mise en route de  cette ancienne pratique  signifie que seuls les membres de la famille proche pourront enterrer une personne.

Après l’enterrement, la famille pourra toujours organiser une cérémonie de purification coutumière intime à son retour du lieu d’inhumation. Ces cérémonies se font par le biais d’une offrande rituelle pour nettoyer la famille d’un “sombre nuage de mort”.

Il s’agit généralement de cérémonies privées auxquelles seule la famille proche est présente. En plus de réduire le risque de propagation du coronavirus, certains soutiennent le retour à l’ukuqhusheka en raison des économies que les familles peuvent réaliser sur les frais d’obsèques, surtout maintenant que l’argent est rare.

La nouvelle pratique évite les pressions familiales

Pour les chefs traditionnels qui  doivent souvent intervenir pour régler les différends entre les familles et les prestataires de services lorsque les familles ne peuvent pas payer. C’est difficile  de voir à quel point la pression est forte pour organiser de grandes funérailles aujourd’hui.

Ainsi pour eux  cette pratique aidera  les familles, en particulier dans les  communautés. Les services funéraires sont passés d’un hommage qui dure presque toute la journée à un service d’une heure organisé au domicile familial où se réunissent 50 personnes, puis à une procession de 25 personnes ou moins jusqu’au cimetière.

La crainte de la perte des valeurs traditionnelles

Pour certains responsables des entreprise de pompes funèbres sud-africaines  , il y a des choses qui peuvent peut être se perdre dans ce processus d’enterrement plus précipité auquel le roi veut revenir. Ce sont des choses qui ne peuvent pas être quantifiées, comme une opportunité de faire le deuil.  

L’un des principaux défis que les familles partagent avec nous concernant les enterrements pendant cette période est de ne pas pouvoir faire le deuil comme nous le faisons habituellement”, a déclaré Siyabulela Jordan, propriétaire de la société Sinoxolo Funeral Directors, basée au Cap-Oriental.”

En fait pour eux,  toute la gloire africaine typique des funérailles a été éclipsée par les nouvelles règles, l’ensemble des funérailles a changé. L’incapacité à s’embrasser les uns les autres en raison de la distance sociale est également un facteur de souffrance pour eux en ce moment.

R-F Rochesossiehi

Journaliste à Abidjan et membre d’ONG, je suis un activiste culturel très engagé dans la promotion du livre et de la lecture auprès de la jeunesse. J’écris sur tous les sujets liés à l’actualité africaine. Mais mon centre d’intérêt principal est l’actualité littéraire et culturelle.

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