L’ère António Guterres s’achèvera le 31 décembre 2026, et la course pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies est désormais entrée dans sa phase décisive. À l’heure où l’ONU fait face à une crise existentielle, tiraillée par les guerres, la paralysie du Conseil de sécurité et une crise financière écrasante, l’approche de Macky Sall détonne. Voici pourquoi il incarne cette rupture.
Historiquement, les Nations Unies ont eu tendance à privilégier des diplomates de carrière ou des personnalités politiques maîtrisant de l’intérieur l’immense machinerie bureaucratique genevoise ou new-yorkaise. Macky Sall oppose à ce classicisme le pragmatisme d’un ancien chef d’État ayant dirigé son pays pendant douze ans et présidé l’Union africaine (UA). Cette dimension hautement politique et décisionnelle lui confère une autorité naturelle pour dialoguer d’égal à égal avec les dirigeants des grandes puissances mondiales.
Depuis la fin du mandat de Kofi Annan en 2006, aucun Africain n’a dirigé l’institution. Pourtant, le continent représente plus d’un quart des États membres et constitue le principal théâtre des opérations de maintien de la paix des Casques bleus. La candidature de Macky Sall est celle d’une rupture avec une gouvernance mondiale occidentalo-centrée. Il porte la voix d’un “Sud global” décomplexé, qui refuse d’être le simple sujet des résolutions internationales pour en devenir l’un des véritables architectes.
L’un des grands combats de Macky Sall, notamment lors de sa présidence de l’UA en 2022, a été la lutte pour une réforme en profondeur de l’architecture financière mondiale. C’est sous son impulsion que la diplomatie africaine a bataillé – et obtenu – un siège de membre permanent pour l’Afrique au sein du G20. Pour Macky Sall, il ne peut y avoir de sécurité sans justice économique. C’est une vision de rupture par rapport à l’approche strictement sécuritaire et humanitaire de l’ONU : pour éteindre les guerres, il faut réformer la finance mondiale.
Alors que les autres candidats traînent parfois dans leur sillage des positionnements politiques perçus comme clivants par certains membres du Conseil de Sécurité (comme les rapports de Michelle Bachelet qui ont agacé Pékin, ou les réticences américaines sur certains profils), Macky Sall joue la carte de l’équilibre.
Face aux turbulences géopolitiques extrêmes du XXIe siècle, le choix du prochain Secrétaire général n’a jamais été aussi crucial. Face à ses concurrents qui représentent une certaine continuité institutionnelle, la candidature de Macky Sall invite l’ONU à un électrochoc. Plus qu’un candidat de l’Afrique, il se pose en candidat de la mutation indispensable du multilatéralisme. Un pari audacieux, mais peut-être le seul capable de réparer un ordre mondial fissuré.

Ecole de journalisme à Tunis, je traite de beaucoup de sujets liés à l’actualité de mon continent de coeur : Economie, Marché, Politique et Santé … je m’intéresse à tout et à tout le monde.













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