Il y a des livres qui naissent d’une commande, d’autres d’une conviction. Celui de Frédéric Sohounde appartient à la seconde catégorie. Intitulé « Défis africains du Cyclisme à la CAN, cap sur Dakar 2026 », l’ouvrage du journaliste se présente comme un carrefour entre témoignage professionnel et engagement personnel pour le sport africain.
Un titre, plusieurs sports, une même ambition
Le titre de l’ouvrage est en lui-même un programme : il embrasse à la fois le cyclisme et le football continental — la Coupe d’Afrique des Nations —, deux disciplines aux trajectoires très différentes sur le continent. Le cyclisme africain peine encore à s’imposer dans le concert mondial malgré des pépites reconnues, tandis que la CAN constitue l’un des événements sportifs les plus suivis au monde. Réunir ces deux univers dans un même livre relève d’un choix éditorial audacieux, qui reflète sans doute la volonté de l’auteur de traiter le sport africain dans sa globalité plutôt que par fragments.

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La mention de Dakar 2026 — en référence aux Jeux Olympiques de la Jeunesse que la capitale sénégalaise doit accueillir — ancre l’ouvrage dans une actualité précise et dans une ambition continentale : celle de faire de l’Afrique un acteur visible, et non seulement un décor, dans les grandes compétitions internationales.
Les femmes et les jeunes au cœur du propos
Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), qui relaie la publication, le livre est avant tout « un hommage aux femmes et aux jeunes » du sport africain. Ce positionnement n’est pas anodin. Les athlètes féminines africaines évoluent souvent dans des conditions précaires, avec un soutien institutionnel limité et une couverture médiatique marginale. Les mettre au centre d’un récit journalistique constitue en soi un acte éditorial engagé.
Frédéric Sohounde lui-même décrit l’ouvrage comme né de son « regard de journaliste » autant que de sa « passion pour le sport ». Cette double posture — le reporter et le passionné — peut être une force (proximité avec les sujets, connaissance du milieu) comme une limite (risque d’un traitement hagiographique plutôt que critique). Le lecteur devra juger sur pièce.
Ce que le communiqué ne dit pas
L’annonce reste lacunaire sur plusieurs points qui conditionneront la portée réelle de l’ouvrage : le format (essai, récit, recueil de portraits ?), la maison d’édition, la diffusion prévue sur le continent et dans la diaspora, ou encore les disciplines et pays couverts au-delà du Sénégal. On ignore également si des sportives ou sportifs prennent directement la parole dans le livre, ou si le propos reste celui du seul auteur.
Ces questions ne sont pas anodines dans un contexte où la littérature sportive africaine francophone reste un segment éditorial étroit, souvent peu distribué hors des capitales. La visibilité d’un tel ouvrage dépendra autant de sa diffusion que de son contenu.
Source : APS (Agence de Presse Sénégalaise), 2025.














