Le sésame ne se contente plus d’occuper une place marginale dans l’agriculture sénégalaise. À Mbour, les acteurs de la filière ont profité du lancement officiel d’un projet structurant pour adresser un message clair aux pouvoirs publics : sans équipements adaptés, la dynamique enclenchée risque de butter sur des goulots d’étranglement persistants.
Un plaidoyer au cœur du lancement du projet VACS
C’est à l’occasion du démarrage officiel du projet intitulé « Renforcement de la chaîne de valeur du sésame au Sénégal grâce à la transformation en milieu rural, à l’innovation et au développement inclusif des marchés » — désigné sous l’acronyme VACS 2026-2027 — que producteurs et chercheurs ont formulé leur demande d’accompagnement. La rencontre, tenue vendredi à Mbour (ouest du Sénégal), a réuni les différentes parties prenantes autour d’un constat partagé : la spéculation est désormais « incontournable », pour reprendre leurs propres termes, mais la filière souffre d’un déficit criant en matériel de récolte et de post-récolte.
Le projet VACS 2026-2027, dont la dénomination couvre la période 2026-2027, ambitionne selon ses promoteurs de renforcer la transformation en milieu rural et de favoriser un développement inclusif des marchés. Il s’inscrit dans une logique de valorisation locale qui dépasse le simple stade de la production primaire.
L’équipement, nerf de la guerre
Le manque de matériel demeure l’obstacle structurel le plus souvent cité dans les filières oléagineuses africaines. Pour le sésame, la récolte est particulièrement délicate : la plante doit être coupée avant complète maturité pour éviter que les capsules n’éclatent et ne dispersent les graines. Sans équipements adaptés, les pertes post-récolte peuvent être considérables, réduisant d’autant la rentabilité pour les exploitants, souvent des petits producteurs.
Les chercheurs présents à Mbour ont appuyé ce diagnostic, soulignant que l’innovation variétale et agronomique ne peut pleinement produire ses effets si les maillons aval — triage, séchage, décorticage, conditionnement — restent sous-équipés. La demande adressée à l’État porte donc sur une intervention ciblée dans ces segments, là où la valeur ajoutée se crée mais aussi se perd.
Une filière à fort potentiel, mais encore fragile
Le sésame suscite un intérêt croissant à l’échelle du continent, porté par une demande internationale soutenue — notamment en provenance d’Asie et du Moyen-Orient — et par les propriétés nutritionnelles de la graine. Plusieurs pays ouest-africains ont déjà engagé des efforts pour structurer leur filière et capter une part de cette rente. Le Sénégal, en lançant le projet VACS, signale sa volonté de ne pas rester en marge de cette dynamique régionale.
Pour autant, le chemin reste long. La transformation locale, explicitement visée par le projet, suppose non seulement des équipements mais aussi des débouchés commerciaux structurés, une mise aux normes sanitaires et phytosanitaires, ainsi qu’une organisation des acteurs suffisamment robuste pour peser dans les négociations avec les acheteurs. Ces dimensions — financement, organisation professionnelle, accès aux marchés d’exportation — n’ont pas été détaillées dans les éléments disponibles à ce stade.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le projet VACS 2026-2027 ?
Il s’agit du projet « Renforcement de la chaîne de valeur du sésame au Sénégal grâce à la transformation en milieu rural, à l’innovation et au développement inclusif des marchés », lancé officiellement à Mbour. Il vise à améliorer la transformation du sésame en zone rurale et à structurer les marchés sur la période 2026-2027.
Pourquoi les équipements de post-récolte sont-ils si importants pour le sésame ?
La graine de sésame est très sensible à la phase post-récolte : sans matériel adapté de séchage, triage et conditionnement, les pertes peuvent être importantes et la qualité du produit commercialisé dégradée. C’est à ce stade que se joue une large part de la valeur ajoutée.
Quelles suites concrètes attendre de ce plaidoyer ?
La demande a été formulée publiquement lors d’un événement officiel, ce qui lui confère une visibilité politique. Toutefois, aucune réponse de l’État ni aucun engagement chiffré n’ont été rapportés à ce stade. Les acteurs de la filière devront suivre la traduction budgétaire de ces annonces.
Source : APS (Agence de Presse Sénégalaise), juin 2025


















