Présidentielle malienne : vers une prolongation de la transition ?

Alors qu’il ne leur reste plus que onze mois pour organiser des élections générales, les nouvelles autorités maliennes n’ont toujours pas avancé sur un seul des gros chantiers de la transition. Un triste constat qui laisse la porte ouverte à une prolongation de leur mandat.

Après la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Keita enaoût 2020, la communauté internationale a donné dix-huit mois aux nouveauxdirigeants maliens pour organiser des élections générales. Mais, sept mois après l’installation du Conseil National de Transition (CNT), celui-ci n’a relevé aucun des grands défis que lui avait fixés la communauté internationale.

Ce sont : le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, et le lancement effectif des réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives. 

Les militaires veulent prendre leur temps…

Pour beaucoup de Maliens, cette situation est due à l’incapacité des dirigeants à se mettre d’accord sur le minimum et l’essentiel commun. Chaque clan défendrait ses propres intérêts, les militaires en tête. Face à ces contradictions, le calendrier initial de la transition devient visiblement intenable.

D’où l’idée d’une prolongation qui circule à Bamako ces derniers jours. Et ce n’est pas pour déplaire à la junte, qu’on soupçonne de vouloir gérer le pouvoir plus longtemps que prévu. Les partisans des putschistes agitent déjà le spectre de la déflagration, en cas de mauvaise organisation du scrutin. Ils souhaitent donc que le Mali prenne son temps pour tenir ces élections dans les meilleures conditions possibles.

Mais la communauté internationale, CEDEAO en tête, ne veut pas d’une prolongation de la transition pour un pays aussi stratégique que le Mali. Elle réclame des élections libres et transparentes courant 2022. Exit donc le colonel Assimi Goïta à qui l’on prête une ambition présidentielle ? L’on ne pourrait y répondre.

Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que les Maliens aspirent à une nouvelle ère démocratique avec l’élection d’un civil, et surtout d’une personnalité consensuelle. Une telle figure pourrait-elle se dégager du très hétéroclite paysage politique malien ?


Affaire à suivre…

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